La plupart des organisations canadiennes croient avoir réglé la question de la souveraineté des données.
Elles ont choisi une région canadienne. Elles ont retenu un fournisseur avec des centres de données au Canada. La case est cochée.
Mais savoir où les données sont stockées et savoir qui les contrôle réellement sont deux conversations bien différentes. Et trop d’organisations se concentrent encore sur la première alors qu’elles devraient prioriser la seconde.
Lorsque vos données sont hébergées par un fournisseur incorporé aux États-Unis, la géographie canadienne ne vous protège pas entièrement. Certaines législations étrangères peuvent obliger ce fournisseur à divulguer vos données, sans ordonnance d’un tribunal canadien et sans même vous en informer. Les serveurs peuvent être au Canada. Le risque juridique, lui, demeure bien réel.
Il ne s’agit pas d’un risque théorique. C’est une zone grise que plusieurs organisations canadiennes n’ont jamais réellement examinée en profondeur, simplement parce que la question n’avait jamais été soulevée. Toutefois, avec l’augmentation de l’exposition au Cloud (infonuagique) et l’attention accrue portée à la gouvernance des données, les conseils d’administration et les auditeurs commencent à poser des questions.
Alors que l’adoption du Cloud continue de croître et que les attentes réglementaires se renforcent, les conseils d’administration, les équipes d’audit, les clients et les responsables du risque posent des questions de plus en plus précises sur l’emplacement des données, les accès autorisés et la capacité des organisations à démontrer un véritable contrôle.
La gouvernance Cloud représentait déjà un défi important. L’arrivée de l’IA générative a ajouté un niveau de complexité supplémentaire.
Dès que des équipes utilisent des outils d’IA avec des données internes, ces données peuvent sortir du périmètre prévu et approuvé par l’organisation. Elles peuvent être traitées, indexées, référencées ou stockées de façons qui soulèvent de nouveaux enjeux liés à la souveraineté, à la conformité et à la gouvernance.
La pression pour adopter l’IA est bien réelle. Le risque d’exposer des données sensibles ou réglementées dans des environnements qui n’ont pas été conçus pour les protéger l’est tout autant.
La majorité des organisations vivent actuellement cette même réalité. Non pas parce qu’elles ont pris de mauvaises décisions, mais parce que l’adoption technologique a progressé plus rapidement que la gouvernance. Résultat : il existe souvent un écart entre ce que les équipes de direction croient savoir sur leurs données et ce qu’elles peuvent réellement démontrer.
Un autre élément est souvent traité comme une conversation distincte : que se passe-t-il lorsqu’un incident survient?
Les attaques par rançongiciel visant des hôpitaux, des commissions scolaires et des municipalités canadiennes ont placé la reprise des opérations au cœur des priorités. Et ces incidents démontrent une chose importante : savoir où résident vos données n’a de valeur que si vous pouvez les récupérer rapidement, de façon fiable et dans un environnement que vous contrôlez.
Les sauvegardes seules ne suffisent plus. Une véritable résilience exige une stratégie qui combine protection des données, reprise des activités, gouvernance et préparation opérationnelle.
La souveraineté et la résilience vont de pair. Les organisations qui les abordent séparément ne règlent souvent qu’une partie du problème.
La plupart des organisations présument que leurs données sont souveraines, sécurisées et résilientes. Pourtant, rares sont celles qui peuvent en faire la preuve. Il ne s’agit pas d’un échec, mais bien de la réalité à laquelle font face de nombreuses organisations canadiennes qui doivent composer avec des exigences réglementaires grandissantes, des environnements Cloud (infonuagiques) de plus en plus complexes et l’intégration rapide de l’IA dans leurs activités quotidiennes.