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La modernisation n’est pas un projet. C’est une structure.

Rédigé par Jeremy Erlick | 2026-05-15 12:00:00

Tel que publié précédemment sur Forbes.com

L’un des moments les plus révélateurs dans un effort de modernisation ne survient pas lorsqu’un projet échoue.

Il survient lorsqu’un projet réussit… et que rien ne se passe ensuite.

La technologie fonctionne. Le déploiement se déroule sans accroc. L’organisation est satisfaite. Pourtant, l’élan s’arrête exactement à la fin du périmètre initial.

J’ai observé ce phénomène à maintes reprises dans l’industrie. Et lorsqu’il se produit, une chose devient claire : l’obstacle à la modernisation n’est presque jamais technologique. Il relève plutôt de la façon dont les organisations sont structurées.

Une grande partie de l’écosystème technologique fonctionne encore selon une logique transactionnelle. Les ventes concluent des ententes. Les équipes de livraison exécutent des projets. Les opérations protègent l’environnement. Ces rôles sont légitimes, mais ils ne sont pas naturellement alignés avec la réalité à long terme de la transformation.

La modernisation n’est pas une transaction. C’est un engagement qui s’inscrit dans le temps.

Lorsque les organisations valorisent la finalisation plutôt que la continuité, le résultat est prévisible : les équipes livrent des projets, mais la progression ne se poursuit pas. La modernisation avance par à-coups au lieu de créer un véritable momentum.

Le véritable enjeu derrière la modernisation

Les blocages les plus fréquents ne sont pas techniques. Ils sont structurels : un manque d’alignement entre les revenus, la livraison et la responsabilité à long terme. Ce désalignement se manifeste généralement à trois niveaux :

    • Les incitatifs de vente : Les équipes de vente sont souvent récompensées pour conclure des ententes de transformation, mais rarement pour en assurer la continuité. Les modèles de rémunération axés sur les signatures créent un sentiment d’urgence… mais peu d’attention pour ce qui compte vraiment six mois plus tard : l’adoption.

    • La rigidité du périmètre : Les équipes de livraison sont évaluées selon le respect du périmètre. Lorsque le succès se résume à « dans les délais et dans le budget », le réflexe est de rester dans un cadre fixe — même si les priorités évoluent. Si la livraison ne peut pas s’adapter sans friction, la progression ralentit.

    • La perte de responsabilité : La responsabilité s’estompe souvent après la mise en production. Une fois le projet terminé sur le plan technique, le partenaire passe à autre chose, et l’organisation doit porter seule l’adoption. 

Ces dynamiques ne sont pas intentionnelles. Elles reflètent simplement la structure de nombreuses organisations. Mais lorsque les incitatifs favorisent les transactions et que les rôles reposent sur des transferts, la modernisation devient ponctuelle plutôt que cumulative. Et une modernisation ponctuelle ne tient pas dans le temps.

Repenser le modèle opérationnel

Chez Compugen, cette réalité nous a amenés à revoir notre façon d’aborder les opportunités de modernisation. Nous transformons volontairement la séquence traditionnelle, où l’architecture intervient seulement après la définition du périmètre.

Aujourd’hui, une opportunité de modernisation est analysée plus en profondeur si les considérations d’architecture et de cycle de vie ne sont pas intégrées dès le départ. La direction exige une vision claire : comment la solution s’intègre, comment elle sera adoptée et comment elle évoluera.

L’engagement des services n’est pas une étape secondaire. C’est un levier pour réduire les risques.

Si nous ne pouvons pas expliquer clairement comment une solution fonctionnera six mois après son déploiement, nous ralentissons le processus. Cela peut retarder une vente, mais cela évite qu’une solution techniquement réussie perde son élan après l’implantation.

Lorsque cette discipline est appliquée, les résultats sont concrets : les compromis émergent plus tôt, les risques sont adressés avant la signature, et la modernisation devient cumulative.

Ce que l’alignement change pour les organisations

L’alignement se ressent surtout par l’absence de friction. Lorsque le partenaire est aligné de bout en bout :

The questions also improve. Instead of pushing toward a configuration, aligned partners push toward clarity.

    • Le discours de vente reflète la réalité de la livraison

    • Les choix d’architecture sont abordés dès le départ

    • Les équipes évitent de répéter les mêmes informations

Les conversations évoluent aussi. Au lieu de pousser une configuration, le partenaire cherche à clarifier. Que cherchez-vous réellement à améliorer ? Quelle charge opérationnelle êtes-vous prêt à assumer ? À quoi ressemble le succès six mois après la mise en production ? Ces questions existent parce que le partenaire prévoit être présent lorsque les réponses compteront. Sans cet alignement, l’organisation devient intégratrice — un rôle exigeant où elle doit concilier les promesses, les contraintes et les impacts opérationnels. Avec un véritable allié technologique, cette responsabilité revient là où elle devrait être. Et les projets cessent d’être des événements isolés.

L’effort organisationnel sous-estimé

Les organisations sous-estiment rarement la technologie. Elles sous-estiment plutôt la complexité organisationnelle.

Trois facteurs reviennent systématiquement :

    1. La vitesse décisionnelle : La modernisation exige des décisions plus rapides et plus claires que ce que permettent plusieurs modèles de gouvernance traditionnels.

    2. La capacité d’absorption opérationnelle : Les équipes doivent souvent adopter de nouvelles façons de faire tout en maintenant les opérations existantes. Cette réalité est difficile à soutenir.

    3. L’engagement de la direction dans le temps : Lorsque le soutien diminue après la mise en production — sous la pression des priorités ou des cycles trimestriels — l’élan s’essouffle, même si la technologie est solide.

La technologie est rarement le principal défi. Le véritable travail consiste à revoir la façon dont les décisions sont prises, les équipes évaluées et la responsabilité maintenue dans le temps.

Redéfinir les attentes envers les partenaires

Les leaders TI doivent évaluer leurs partenaires sur la continuité, et non uniquement sur la livraison.

La modernisation n’est pas une série de projets. C’est une transformation continue des architectures, des opérations et des capacités. Si un partenaire disparaît après la mise en production — ou revient comme si tout recommençait à zéro — c’est un signal d’alerte.

Posez de meilleures questions :

    • Comment les équipes de vente, de livraison et de services sont-elles alignées sur mes objectifs à long terme ?

    • Qui demeure responsable six mois après l’implantation ?

    • Quels mécanismes assurent un engagement au-delà du contrat ?

Les partenaires orientés transaction optimisent l’événement. Les partenaires conçus pour la modernisation optimisent le parcours.

Dans un contexte où la transformation est continue, cette différence est déterminante.

Réflexion finale

La technologie continuera d’évoluer. Les plateformes changeront. Les architectures aussi. Les organisations qui réussissent leur modernisation ne sont pas celles qui adoptent les nouveautés en premier. Ce sont celles qui alignent leur structure, leurs incitatifs et leur responsabilité autour d’un progrès durable.

La modernisation n’est pas d’abord une stratégie technologique. C’est une décision de leadership sur la façon dont votre organisation choisit d’opérer.

Si la modernisation fait partie de vos priorités, la conversation la plus importante ne porte peut-être pas sur la technologie. Elle porte sur la capacité de vos partenaires à soutenir votre évolution dans le temps. Contactez Compugen pour découvrir à quoi ressemble une modernisation durable en pratique.